Et si votre associé n'était pas le problème ?

Votre associé vous agace. Il ne prend pas les mêmes décisions que vous, ne voit pas les choses de la même façon, freine quand vous voulez avancer, ou fonce quand vous voudriez prendre le temps. Et vous commencez à vous demander si l'association a encore un sens.

Et si le problème n'était pas votre associé ? Ou pas seulement lui ?

Ce qui se joue sous la surface

Les désaccords entre associés portent rarement sur ce dont on parle. On se dispute sur un recrutement, un investissement, une augmentation de prix. Mais sous la surface, il y a souvent autre chose : deux fidélités qui s'affrontent.

Ce sont les loyautés invisibles : des fidélités, à une personne, à un groupe, à une histoire, qui orientent nos choix sans que nous les ayons vraiment décidées. Elles viennent de notre famille, de nos origines, de nos premiers mentors, de nos premières expériences professionnelles.

Quand deux loyautés se croisent

Prenons un exemple, entièrement fictif. Deux associés dirigent une petite entreprise de services. L'un veut augmenter les prix ; l'autre s'y oppose farouchement. Les arguments s'enchaînent : la concurrence, les clients historiques, la marge.

Mais derrière, peut-être, il y a autre chose. Le premier a vu son père, artisan, se tuer à la tâche pour des clients qui ne le payaient jamais assez : il s'est juré de ne pas reproduire ça. Le second vient d'un milieu où gagner plus que les autres était suspect : augmenter les prix, c'est trahir un peu d'où il vient.

Aucun des deux n'a tort. Chacun est fidèle à quelque chose. Et tant que ces fidélités restent invisibles, la discussion tourne en rond sur des chiffres, alors que la vraie question est ailleurs.

Les loyautés les plus fréquentes entre associés

  • « Je ne peux pas trahir ce qu'on a construit ensemble » : la fidélité au projet des débuts, même quand il ne correspond plus à la réalité.

  • « Je dois bien ça à nos premiers salariés » : la gratitude qui empêche de faire évoluer l'organisation.

  • « Réussir, ce serait trahir d'où je viens » : le malaise face à la croissance ou à l'argent.

  • « Je dois réussir là où il a échoué » : la pression d'une revanche qui n'est pas vraiment la sienne.

J'en parlais aussi dans cet article sur les loyautés invisibles.

Rester fidèle autrement

L'objectif n'est jamais de « trahir » qui que ce soit. C'est de passer d'une loyauté subie à une loyauté choisie : garder l'esprit de la fidélité, en changeant la forme. On peut honorer ses origines sans refuser de bien gagner sa vie. On peut respecter le projet des débuts en le faisant évoluer.

Et entre associés, nommer ses propres loyautés change souvent la conversation. On ne discute plus d'un prix : on comprend enfin pourquoi ce prix pèse autant pour l'autre.

À vous

Pensez à votre dernier désaccord important avec votre associé, ou avec un proche collaborateur. À quoi étiez-vous fidèle, vous, à ce moment-là ? Et lui, à quoi pouvait-il l'être ?

Pour aller plus loin : la formation « Les loyautés invisibles de l'entrepreneur(e) »

16 fidélités qui guident vos choix sans que vous les ayez décidées : envers un parent, ses origines, un associé, un premier client, une promesse des débuts. Pour chacune, une façon concrète de rester fidèle autrement. 20 leçons, un cahier d'exercices et 8 fiches outils, pour 48 €.

Voir aussi, sur le site : le coaching d'associé.e.s.

PS : parfois, votre associé est vraiment le problème. Mais il vaut mieux l'avoir vérifié avant de tout casser.