Du "faire" au "diriger" : le passage le plus sous-estimé

On devient souvent dirigeant parce qu'on était excellent dans un métier : la vente, l'artisanat, le conseil, la technique. Le paradoxe, c'est que ce qui vous a fait réussir jusque-là devient parfois ce qui vous empêche de passer à l'étape suivante.

Un dirigeant entre un établi d'artisan et un bureau moderne

Deux métiers, pas un seul

Faire et diriger sont deux compétences distinctes. On peut être un excellent artisan et un dirigeant maladroit — non par manque de talent, mais parce que personne n'a jamais dit que le second métier existait vraiment, avec ses propres règles.

Beaucoup de dirigeants continuent à passer le plus clair de leur temps à faire, parce que c'est ce qu'ils savent faire, et pas assez à diriger, parce que personne ne leur a montré ce que ça recouvre concrètement.

Un passage rarement anticipé

Cette transition n'est presque jamais préparée. On y bascule progressivement, sans s'en rendre compte, avec le sentiment diffus que quelque chose a changé sans savoir précisément quoi. Le résultat : un dirigeant qui garde les réflexes de l'exécutant, alors que son rôle a évolué autour de lui.

Ce que diriger veut dire, concrètement

Diriger, ce n'est pas mieux faire que les autres. C'est décider où aller, avec qui, et donner aux autres les moyens d'y arriver.

Ce n'est pas non plus un savoir qui s'enseigne de l'extérieur : c'est une posture qui se clarifie de l'intérieur, souvent plus vite accompagné que seul. Un regard extérieur aide surtout à voir ce qu'on ne voit plus soi-même, à force d'avoir le nez dans l'exécution.

Cette semaine, avez-vous passé plus de temps à faire, ou à diriger ?

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PS : Si vous devez réfléchir longtemps pour répondre, c'est déjà un indice.