Le changement fait peur — mais l'immobilisme aussi

« Ça marche déjà, pourquoi prendre le risque de changer ? » Cette phrase semble raisonnable. Elle cache souvent une peur bien plus ancienne que la situation actuelle de l'entreprise.

Une dirigeante hésitant à un carrefour de couloirs

Le statu quo, confortable même quand il fait mal

On imagine souvent que les dirigeants s'accrochent à leurs habitudes par confort. C'est parfois vrai. Mais le plus souvent, ce n'est pas le confort qui retient : c'est la peur de l'inconnu, même quand la situation actuelle est objectivement insatisfaisante.

Un problème connu, même douloureux, rassure davantage qu'une solution inconnue — même si cette dernière serait meilleure. C'est une des raisons pour lesquelles tant de dirigeants tolèrent des situations qu'ils savent pertinemment devoir changer.

Le changement n'est pas le danger, l'immobilisme peut l'être

Paradoxalement, ne rien changer comporte aussi un risque : celui de voir la situation se dégrader lentement, sans jamais de moment clair pour agir. Ce risque est simplement moins visible, parce qu'il ne se présente jamais comme une décision — juste comme une absence de décision, répétée.

Distinguer la peur du signal

Toute peur du changement n'est pas infondée : certaines intuitions de prudence sont justifiées. Le travail consiste à distinguer un vrai risque, digne d'être écouté, d'une peur générique de l'inconnu, qui bloquerait n'importe quel changement, bon ou mauvais.

Ce n'est presque jamais le changement lui-même qui effraie, mais l'incertitude de ne pas savoir ce qu'il va révéler sur soi, sur l'entreprise, ou sur les deux.

Quel changement reportez-vous depuis des mois, en vous disant que "ce n'est pas encore le bon moment" ?

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PS : Le "bon moment" a cette particularité de ne jamais vraiment arriver tout seul.