Les « solutions folles » : pourquoi une idée absurde débloque une décision
Connaissez-vous le syndrome de la bonne idée raisonnable ? C'est ce réflexe qui pousse un groupe de dirigeants intelligents à ne proposer, face à un problème, que des solutions sages, prudentes, déjà essayées. Et à repartir exactement là où il en était.

Le moment le plus inattendu d'un codev
Une séance de codéveloppement suit un cadre précis : un client expose une situation réelle, le groupe pose des questions, le client reformule sa demande, puis chacun propose des pistes, à la première personne. C'est sérieux, structuré, chronométré.
Et puis, juste avant que le client ne fasse son choix, vient un moment qui surprend toujours les nouveaux participants : les solutions folles. Pendant quelques minutes, chacun propose une idée volontairement décalée, qui sort de l'ordinaire et brise les codes.
◽️ « Je pars un mois sans téléphone, et je regarde ce qui s'effondre vraiment. »
◽️ « Je fais voter l'équipe sur la décision. »
◽️ « Je propose à mon concurrent de s'associer. »
◽️ « Je double mes prix, et je n'accepte que les clients qui disent oui. »
Personne ne s'attend à ce que le client les applique telles quelles. Ce n'est pas le but.
Pourquoi une idée absurde débloque une décision
Elle lève l'autocensure. Dans la phase des pistes « raisonnables », chacun filtre ce qu'il dit pour paraître crédible. Les solutions folles donnent la permission de penser sans ce filtre.
Elle déplace le cadre. Un problème bloqué l'est souvent parce qu'on le regarde toujours sous le même angle. Une idée extrême oblige à considérer une option qu'on avait écartée d'office, et à se demander pourquoi.
Elle détend le groupe. Le rire fait baisser la tension accumulée pendant l'exposé. Et un client détendu entend mieux.
Surtout, derrière une idée folle se cache souvent une idée simplement audacieuse. « Partir un mois sans téléphone » devient « prendre une vraie semaine de vacances, coupée ». « Doubler ses prix » devient « augmenter de 15 % pour les nouveaux clients ». La folie a servi de tremplin.
Un exemple, entièrement fictif
Marion dirige une agence de dix personnes. Elle n'arrive pas à déléguer la relation avec ses trois plus gros clients. Pendant les pistes, le groupe lui propose de présenter progressivement un collaborateur, de cadrer des points mensuels… Rien ne bouge. Puis vient la solution folle d'un consultant : « Annonce-leur que tu prends un congé sabbatique de six mois. » Tout le monde rit. Marion aussi. Puis elle se tait. Et elle repart avec une décision : annoncer à ses clients qu'elle sera absente trois semaines en février, et qu'un collaborateur prendra le relais. Ce qu'aucune piste raisonnable n'avait réussi à débloquer.
Votre exercice
Prenez un problème que vous tournez dans votre tête depuis des semaines. Écrivez trois solutions folles, les plus absurdes possible. Puis, pour chacune, demandez-vous : qu'est-ce qu'elle contient d'audacieux, mais de faisable ?
C'est plus facile à plusieurs. C'est exactement ce qui se passe chaque mardi au Cercle. Comme le dit Laurent, qui y a participé : « J'ai été bluffé par le premier… et j'ai récidivé. »
Le Cercle : un codev chaque semaine
Chaque mardi, de 12h30 à 13h30, en visio, entre dirigeants et entrepreneurs, avec un cadre précis et une confidentialité absolue. Première séance le mardi 3 novembre. 47 € par mois, sans engagement.
PS : Le syndrome de la bonne idée raisonnable n'est pas un vrai syndrome.
re-PS : Mais vous l'avez sans doute déjà vu à l'œuvre en réunion.
