Les dissonances des dirigeant.e.s : quand ce que vous faites ne ressemble plus à ce que vous êtes

Vous souriez en réunion, vous rassurez vos clients, vous tenez le cap. Et en rentrant le soir, quelque chose ne colle pas, sans que vous sachiez très bien quoi. Ce « quelque chose » a un nom : une dissonance.

Un dirigeant à son bureau, son reflet décalé dans la vitre

Une dissonance, c'est quoi exactement ?

En psychologie, on parle de dissonance cognitive pour désigner l'inconfort qu'on ressent quand deux choses qui devraient aller ensemble se contredisent : une conviction et une action, un désir et une habitude, une image et une réalité.

Chez un dirigeant, ces écarts sont presque inévitables. Diriger, c'est trancher vite, rassurer, tenir un rôle. Le problème n'est pas d'en vivre : c'est de ne jamais les nommer. Une dissonance qu'on ne voit pas ne disparaît pas. Elle s'installe, et elle pèse, souvent sous forme d'une fatigue qu'on n'arrive pas à expliquer.

Dix dissonances que je rencontre souvent

En accompagnant des dirigeants, et en ayant été dirigeant moi-même pendant plus de vingt ans, je vois revenir les mêmes écarts. Je les range en deux familles.

Face à vous-même :

  • ◽️ L'image et le ressenti : le « ça va » automatique, alors que ça ne va pas vraiment.

  • ◽️ Les valeurs et les décisions : ce en quoi vous croyez, et ce que vous décidez sous contrainte.

  • ◽️ Le rôle et l'identité : ce que vous faites toute la journée, et ce pour quoi vous vous êtes lancé.

  • ◽️ L'ambition affichée et le désir réel : l'objectif que vous poursuivez par habitude, et ce que vous voulez vraiment aujourd'hui.

  • ◽️ Être occupé et être utile : des journées pleines, qui ne produisent pas grand-chose.

Face aux autres et au quotidien :

  • ◽️ Le discours et les actes : ce que vous demandez à votre équipe, et ce que vous faites vous-même.

  • ◽️ La réussite visible et la fragilité réelle : ce que les autres voient, et ce que vous êtes seul à savoir.

  • ◽️ Le temps donné et le temps voulu : le fameux « après cette période chargée ».

  • ◽️ La liberté voulue et la prison vécue : entreprendre pour être libre, et finir par tout accepter par peur de manquer.

  • ◽️ Entouré, et pourtant seul : beaucoup d'interlocuteurs, peu de vrais compagnons de route.

Trois signes qui ne trompent pas

Quelle que soit la dissonance, elle se trahit souvent de la même façon :

  • ☑️ Vous vous justifiez plus que nécessaire, y compris auprès de vous-même, sur une décision ou une habitude.

  • ☑️ Un succès ne vous procure pas la satisfaction attendue, voire vous laisse un peu vide.

  • ☑️ Une phrase revient en boucle : « après cette période », « c'est normal », « je n'ai pas le choix ».

Aucun de ces signes n'est grave en soi. Ensemble, et installés depuis longtemps, ils méritent qu'on s'y arrête.

Ce qu'il ne faut pas faire

La tentation, quand on repère une dissonance, c'est de vouloir la résoudre tout de suite, en changeant tout. Mauvaise idée. Une dissonance est un signal, pas une urgence. Elle protège souvent quelque chose : une sécurité, une image, une loyauté envers un projet ou envers quelqu'un.

La première étape n'est pas de changer. C'est de nommer, précisément, l'écart que vous vivez. Ce seul geste lui fait déjà perdre une partie de son pouvoir.

Votre exercice

Relisez la liste ci-dessus. Entourez, mentalement ou sur papier, les deux dissonances qui vous parlent le plus. Pour chacune, posez-vous une seule question : depuis combien de temps est-elle là ?

Si la réponse est « quelques semaines », une période chargée l'explique sans doute. Si c'est « des années », c'est probablement le moment d'y regarder de plus près.

Vous préférez un chiffre ? Faites l'autodiagnostic en 3 minutes : dix affirmations, une par dissonance, et une suggestion de suite adaptée à votre situation.

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Les 10 dissonances détaillées, une leçon courte pour chacune : les signes pour la reconnaître, un exemple concret, une première piste pour commencer à la réduire, et 8 fiches outils à télécharger.

Et vous, laquelle de ces dix dissonances vous a arrêté le plus longtemps en lisant ?

PS : Personne n'échappe complètement aux dissonances. Pas même les coachs.
re-PS : La différence, c'est de savoir lesquelles on porte. Et d'en parler, éventuellement autour d'un café à Vertou.