
Leçon offerte · Déléguer sans tout reprendre
Pourquoi vous reprenez tout
Extrait de la leçon 2 de la formation « Déléguer sans tout reprendre ».

Vous savez que vous devriez déléguer. Vous le savez depuis longtemps. Vous l'avez peut-être même noté dans vos bonnes résolutions de janvier. Et pourtant, le dossier est toujours sur votre bureau. Ce n'est pas un manque de volonté. C'est que quelque chose, à chaque fois, vous retient.
Ce quelque chose prend presque toujours l'une de ces quatre formes.
Frein n°1 : le contrôle
« Si je ne le fais pas moi-même, je ne sais pas ce qui va se passer. » Le contrôle rassure. Tant que vous tenez le dossier, vous savez où il en est, vous pouvez rattraper une erreur, vous gardez la maîtrise.
Le problème, c'est que le contrôle a un coût qui grandit avec l'entreprise. À trois personnes, il est tenable. À dix, il devient un goulot d'étranglement : tout passe par vous, tout attend votre validation, et rien n'avance sans vous.
Signe qu'il est à l'œuvre : vous relisez systématiquement ce que vous avez confié, même quand ce n'est pas nécessaire.
Frein n°2 : le temps
« Le temps de lui expliquer, je l'aurai fait. » C'est vrai, la première fois. Expliquer une tâche prend souvent plus de temps que la faire. Alors on la fait.
Mais on oublie que la deuxième fois, l'explication sera plus courte. Et la troisième, inexistante. Ne pas déléguer pour gagner du temps aujourd'hui, c'est s'engager à faire cette tâche soi-même pour toujours.
Signe qu'il est à l'œuvre : les mêmes tâches reviennent sur votre liste, semaine après semaine.
Frein n°3 : la culpabilité
« Je ne veux pas les surcharger. » « Ce n'est pas un travail très intéressant, je ne vais pas leur imposer ça. » « Ils ont déjà beaucoup à faire. »
La culpabilité se présente souvent comme de la bienveillance. Elle part d'une bonne intention : protéger votre équipe. Mais elle a deux effets pervers : elle vous épuise, et elle prive vos collaborateurs de l'occasion de progresser, de prendre des responsabilités, de vous montrer ce dont ils sont capables.
Signe qu'il est à l'œuvre : vous faites le soir, seul.e, ce que vous n'avez pas osé demander dans la journée.
Frein n°4 : l'identité
C'est le plus discret, et souvent le plus puissant. « Si je ne fais plus ça, à quoi je sers ? »
Beaucoup de dirigeants ont construit leur réussite sur un savoir-faire : la vente, la technique, la relation client, la création. Déléguer ce savoir-faire, c'est un peu se demander qui l'on est sans lui. Alors on le garde, même quand il serait plus utile à l'entreprise que l'on fasse autre chose.
Signe qu'il est à l'œuvre : vous gardez les tâches que vous aimez, même quand elles ne sont plus les plus importantes pour l'entreprise.
Souvent, ils se cumulent
Ces quatre freins ne s'excluent pas. Une même tâche peut être retenue à la fois par le contrôle (« ils vont faire des erreurs ») et par l'identité (« c'est mon métier »). Les repérer ne les fait pas disparaître. Mais ça change la question : au lieu de « pourquoi je n'y arrive pas ? », vous pouvez vous demander « qu'est-ce qui me retient, ici, précisément ? ».
Dans la formation, quatre leçons reviennent en détail sur les croyances qui nourrissent ces freins.
À vous
Listez trois tâches que vous savez devoir déléguer, et que vous gardez encore.
Pour chacune, notez le frein principal : contrôle, temps, culpabilité ou identité. Il peut y en avoir deux.
Quel frein revient le plus souvent ? C'est probablement celui à travailler en premier.
À retenir : vous ne gardez pas tout par manque de volonté. Vous gardez tout parce que quelque chose vous protège. La question est de savoir si cette protection vous sert encore.
Les autres leçons offertes : Ce que vous pouvez déléguer dès lundi · Déléguer par le résultat attendu, pas par la méthode
Qui a conçu cette formation
Nicolas Van Caemerbeke

Coach professionnel certifié (Titre RNCP niveau 6) et dirigeant depuis plus de 23 ans, en solo, en TPE et en PME jusqu'à 19 salariés. Des dossiers repris après les avoir confiés, j'en ai repris beaucoup. Cette formation rassemble ce que j'aurais aimé savoir plus tôt, et ce que j'observe aujourd'hui chez les dirigeants que j'accompagne.
